Spectacle sur le thème de la différence.
Gilbert Brossard de la Compagnie les Mains Animée (42) rejoint Bertrand Mahé et Philippe Phénieux.
Conçu pour être apprécié à partir de 7 ans .
Ce spectacle est né d’une rencontre entre un mime, un musicien et un conteur. C’est dans la différence entre ces trois disciplines artistiques que Philippe Phénieux, Bertrand Mahé et Gilbert Brossard ont cherché à se connaître, à échanger, à se confronter pour réaliser ensemble dans l’harmonie des sons, des chorégraphies, des images et des mots une interprétation originale de plusieurs textes, contes et légendes dont certains viennent du fond des âges.
Ces histoires présentes d’un bout à l’autre de la planète, ancrées au plus loin de l’histoire universelle traduisent les questions fondamentales de la nature humaine.
Elles rejoignent aujourd’hui ces interrogations, réflexions,
tentatives de réponses aux questions posées par la différence.
Reconnaître l’autre dans sa différence c’est aussi se découvrir et s’accepter soi-même,
tel que l’on est : d’où le titre de ce spectacle : « TEL QUE JE SUIS »
Textes protégés, réservés à un usage privé ou éducatif.
Menteur! * histoire des cinq frères *
Il était une fois cinq frères. Le premier aveugle, le deuxième sourd,
le troisième muet, le quatrième manchot, le cinquième cul de jatte.
Un jour, alors qu’ils étaient en promenade, l’aveugle, vit une perdrix :
“Regardez mes frères!”.
“Ne crie pas si fort, j’ai bien entendu”: répliqua le sourd.
“Tuons-la” : cria le muet.
Alors, le manchot banda la corde de son arc et,
d’une seule flèche il atteignit la perdrix.
Le cul de jatte prit ses jambes à son cou et ramena l’oiseau abattu.
Le soir même, ils s’installèrent tous les cinq autour d’une table pour déguster
l’animal qu’ils avaient préparé avec soin.
Ils passèrent leur soirée à se raconter des histoires :
La première fut dite par le muet ...
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Autrefois, dans un pays aride un arbre prodigieux attirait beaucoup de monde.Il déployait ses branches entre le ciel infiniment bleu azur, et les herbes jaunies par la chaleur.
Nul ne connaissait son âge, il paraissait vieux comme le monde.
Vénéré, adoré, les femmes et les hommes venaient prier sous son ombre et lui poser des questions aux réponses impossibles. On disait même que les animaux venaient s’entretenir avec lui. Nul ne touchait à ses fruits. Et pourtant, ils étaient resplendissants, luisants, à faire envie. Ils étaient à portée de main, mais on disait aux enfants de ne point en prendre, car l’arbre se divisait en deux grandes branches qui portaient des fruits tous semblables une moitié portait la mort, l’autre moitié portait la vie.
Comme tous les fruits se ressemblaient
on ne pouvait connaître ceux qui étaient empoisonnés. Alors on regardait et on ne touchait point. Vint une année où les saisons se succédèrent avec leurs pires calamités, tout fut dévasté, la famine régna,
seul le grand arbre résistait
avec des fruits toujours aussi magnifiques. Il nous faut y goûter dire les uns Il nous faut y goûter dire les autres.
Mais comment ? Mais comment ?
Les discussions restaient confuses, choisir la vie , choisir la mort ?
- Au point où nous en sommes, essayons et nous verrons
dit un vieil homme au bout de ses forces. Courageusement il s’empara d’un fruit de la branche de ce côté là , y croqua à pleine dent, s’en régala, tous les autres le suivirent découvrant ainsi
que les fruits comestibles croissaient de ce côté là.
Une fois cueillis, les fruits repoussaient toujours plus beaux et plus savoureux.
- Il nous faut couper l’autre branche, Coupons-la au ras du tronc. dirent les hommes à l’unisson. Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Mais, le lendemain tous les fruits, sans exception, tombèrent et pourrirent dans la poussière.
L’arbre amputé de sa moitié n’offrait plus qu’un spectacle de désolation, même les oiseaux l’avaient fuit. L’arbre désormais était mort.
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SILENCE !
-Silence !- a dit le maître d’école, il a dit -silence- .
A qui ? à moi , quand j’ étais à l’école .
Pourtant je ne faisais pas beaucoup de bruit
derrière ma table, derrière mon bureau,
derrière mon pupitre je ne faisais pas le pitre,
je me racontais des histoires...
avec une main, deux mains, trois fois rien .
- Silence a dit le maître d’école.
je n’avais pas fait tant de bruit, j’ avais juste laissé tomber ma gomme .
ma gomme ! : c’était peut-être le moment de m’effacer.
Alors je me suis fait petit, tout petit, si petit que j’ avais presque disparu.
-Silence!- a dit le maître d’école
sois sage comme une image !-
- Comme une image !-
Voilà le mot qu’il ne fallait pas dire...
Alors j’ai complètement disparu...
Et sur mon bureau il ne restait plus que mon image..
Le maître d’école passe dans les rangs, furieux.
Colère, il regarde ma table en disant : -qu’est-ce qu’il m’a fait celui-là-
De rage, il ouvre la porte comme pour dire:- dehors!-
Heureusement pour moi, lanêtre était ouverte,
un courant d’air passe,
et emporte mon image par la fenêtre,
et depuis,
mon image voyage ...
elle voyage et elle raconte des histoires.
Et aujourd’hui elle raconte cette histoire.
/ Histoire vécue ? /
Un jour ou une nuit, (l’histoire ne le dit pas) :
un étranger est hébergé par une famille qui observe tous les matins
une drôle de coutume.
En effet, père mère fils et fille courent dans la nuit,
chaque matin comme pour chercher un bien précieux.
Un jour ou une nuit, (l’histoire ne le dit pas) : l’étranger les suit et découvre que père mère fils et fille au bout de leur course folle enferment dans un sac la lumière trouvée qu’ils ramènent chez eux et qu’ils libèrent pour aider le jour à se lever.
Ainsi des jours ou des nuits, (l’histoire ne le dit pas), se déroulent.
Avant de quitter ses hôtes, l’étranger leur offre un cadeau : un coq.
Très vite père mère fils et fille découvrent qu’au premier chant du coq
la nuit décline, au deuxième chant du coq le jour se lève,
au troisième chant du coq le soleil luit .
Père mère fils et fille sont stupéfaits.
“ Mais que donne-t-on à manger à cet animal inconnu ?” demande mère.
Père prend ses jambes à son cou et rattrape l’étranger qui est déjà loin.
“ Hé! l’homme, l’étranger, que donne-t-on à manger à cet animal.”
“ De tout. ” répond l’homme calmement.
De retour chez lui père donne à mère, fils, et fille
la réponse de l’étranger.
“Cet animal mange de tout !”
“Alors il va même nous manger!” rétorque mère.
Et père mère fils et fille armés de bâton tuent le coq.
Chaque matin ils reprennent leur sac pour s’en aller quérir la lumière du jour.
L’étranger est-il revenu un jour ou une nuit ? : l’histoire ne le dit pas.
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Un petit vieux et une petite vieille s’aiment d’un amour tendre et sans limite.
Leur bonté de cœur et leur beauté intérieure sont
tout ce qu’ils ont de plus cher au monde.
Ils habitent une humble chaumière retirée de tout. Ils ne voient personne.
Ils vivent simplement se nourrissant des quelques légumes de leur potager,
et du lait de leurs maigres chèvres .
Une fois par an, le vieil homme va à la grand’ ville pour le jour de marché.
Et justement aujourd’hui c’est jour de marché .
-Hé! femme, je vais à la grand’ ville car c’est jour de marché,
peut-être y a-t-il quelque chose à regarder .
-Hé bien ! ma foi, vas-y mon homme !
Il embrasse sa femme et il s’en va.
La route est longue, le vieil homme marche encore d’un pas alerte,
sifflotant quelques vieilles rengaines.
Il arrive à la grand’ ville. Et vous connaissez ces marchés. Là on vend des outils,
ici de la quincaillerie, là des vêtements, ici quelques légumes, là trois oeufs,
ici une poule, là-bas des animaux de ferme, et, aujourd’hui sur un drôle d’étalage,
on vend de drôles de cadres .
Le vieil homme regarde : « - mais c’est le portrait de mon père!
Que fait ici le portrait de mon père, jour de marché ? »
Il interroge le marchand qui répond.
-Il vaut très cher le portrait de votre père, dit le marchand malin et rusé.
[ quel naïf ! -le portrait de son père!- Il ne voit donc pas que c’est un miroir! ]
Songe le marchand.
- Peu importe, je l’achète quoiqu’il m’en coûte: -le portrait de mon père-.
Ils concluent l’affaire, et voilà notre homme de retour chez lui, portant sous le bras :
le portrait de son père. Chemin faisant il se dit :
« - mais, ma femme va me prendre pour un fou, à mon âge, acheter le portrait de mon père. »
Alors en arrivant chez lui, il cache le drôle de cadre dans le grenier. »
Et chaque jour il va admirer -le portrait de son père -.
Sa femme s’inquiète :
« - Pourquoi mon homme va-t-il au grenier tous les jours,
il me cache quelque chose. »
Un beau matin, alors qu’il s’est absenté pour surveiller ses chèvres,
la femme en profite, monte au grenier et découvre la chose...
« - Cela ne m’étonne pas, il monte au grenier pour un portrait, et bien entendu, pour le portrait d’une femme… mais qu’importe : elle est si moche ! »
(Inspiré d’un conte chinois, d’un conte ardéchois, et d’un conte esquimau)
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Un mandarin partit un jour dans l’au-delà .
Il arriva en un lieu.
Il y vit beaucoup d’hommes attablés devant des bols de riz remplis à ras bord,
mais tous “mouraient de faim”,
car ils avaient des baguettes longues, longues, longues
et ne pouvaient s’en servir pour se nourrir .
Un jour ou une nuit, l’histoire ne le dit pas,
il alla en un autre lieu .
Là aussi il vit beaucoup d’hommes attablés
devant des bols de riz remplis à ras bord,
et tous étaient heureux et bien portant,
car eux aussi avaient des baguettes longues, longues, longues
mais chacun s’en servait pour nourrir
celui qui était en face de lui .
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Il était une fois dans un grand arbre : un tout petit oiseau.
Un grand coup de vent fait tomber l’oiseau du nid.
Pauvre petit oiseau : tout nu il voudrait trois plumes pour se faire un manteau.
Il rencontre un coq bien emplumé.
- prête-moi trois plumes pour me faire un manteau !
- vilain petit oiseau, va-t-en, vilain hors de ma vue !
Et le coq disparaît.
Pauvre petit oiseau, il voudrait juste trois plumes pour se faire un manteau.
Sur le bord du lac, le petit oiseau rencontre un cygne qui se gratte les plumes.
- joli cygne prête-moi trois plumes pour me faire un manteau !
- que tu n’es pas beau, petit oiseau, va-t-en !
Et le cygne glisse sur le lac et disparaît dans la brume.
Pauvre petit oiseau, il voudrait juste trois plumes pour se faire un manteau.
Sur le pré il aperçoit un petit escargot. En voilà un qui a un bon manteau,
mais l’escargot dédaigneux rentre dans sa coquille et ne voit pas le petit oiseau.
Pauvre petit oiseau, il voudrait juste trois plumes pour se faire un manteau.
Au milieu du pré le petit oiseau découvre un montagne. Il se réfugie sous la montagne,quand tout à coup la montagne dit : -meuh !!! Et une grosse bouse de vache tombe sur le petit oiseau.
- maintenant j’ai bien chaud, mais je vais étouffer. Sortez-moi de là !
Un renard qui passait par là, sent le petit oiseau, le dégage et le croque !
Il n’y a plus de petit oiseau.
Moralité: ce qui vous veulent du bien, parfois vous mettent dans la mouise,
et ceux qui vous en sorte, vous veulent du mal.
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Et oui !
Braves gens ici présents, gens de savoir, de connaissances,
élite de la nation, professeurs, gens de bien,
gens de toutes conditions et de tout horizon,
aujourd’hui nous allons réaliser ensemble une expérience :
avec précaution mon jeune assistant
va placer délicatement dans le récipient cette douzaine de gros cailloux …
merci;
mesdames et messieurs, le pot est-il plein ?
oui ! me direz-vous : anticipant votre réponse.
Vraiment, le croyez-vous ? et bien, NON !
Mon assistant va remplir jusqu’à ras bord le récipient
Avec ce sac de gravier que voilà :
Merci !
mesdames et messieurs, le pot est-il plein ?
oui ! me direz-vous : anticipant votre réponse.
Vraiment, le croyez-vous ? et bien, NON !
Ah ! quelqu’un a dit oui par ici …
En effet vous pressentiez la suite des évènements, judicieusement :
Mon assistant va compléter le remplissage du récipient …
Avec ce sac de sable
pour aller remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier.
Encore une fois : mesdames et messieurs, le pot est-il plein ?
NON ! me direz-vous : anticipant votre réponse.
Brillants élèves, prestigieux spectateurs, méticuleux observateurs,
et réflexionneurs de tout acabit !
Vous vous y attendiez : mon cher assistant va désormais
verser cette cruche d’eau et remplir jusqu’à ras bord le récipient.
Alors, mesdames et messieurs : quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?
(Gilbert le coupant) : je ne vous le fais pas dire :
cela démontre que même lorsque l’on croit
que notre agenda est complètement rempli,
si on le veut vraiment on peut y ajouter
plus de rendez-vous ou de choses à faire …
eh bien ! NON ! ce n’est pas cela.
La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante :
si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot,
on ne pourra jamais les faire entrer tous par la suite.
Cette réponse vous laisse silencieux …
Quels sont les gros cailloux dans votre vie : votre famille, votre travail, vos amis,
vos engagements, vos loisirs, une cause à défendre ???
l’important c’est de mettre en premier les gros cailloux dans votre vie.
Ne vous attachez pas au sable, aux graviers, aux peccadilles…
Mettez en premier les GROS CAILLOUX dans le pot de votre vie
et vous réussirez votre vie !
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On frappe à la porte
J’ouvre la porte d’entrée
-personne !
On frappe à la porte
J’ouvre la porte de la salle à manger
-personne !
On frappe à la porte
J’ouvre la porte de la cuisine
-personne !
On frappe à la porte
J’ouvre la porte de la chambre à coucher
-personne !
On frappe à la porte
J’ouvre la porte de la chambre d’ami
-personne !
On frappe à la porte
J’ouvre la porte de la salle de bain
J’entre dans la salle de bain
Je regarde le miroir :
-personne !
**Histoire vécue ?**
[ Texte inspiré des personnages tourmentés rencontrés chez Guy de Maupassant, E.T.A. Hoffmann, Fédor Dostoïevski …
Dans le domaine de la différence, l’univers de la folie ou de la différence à la norme a aussi sa place.
Aujourd’hui encore ce ‘monde’ mis à l’écart demande –tolérance-, -reconnaissance-.
Nul n’est à l’abri de défaillance ou disfonctionnement. ]
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Il était une fois un roi et son esclave liés d’une amitié profonde.
Là où était le roi il y avait son esclave, là où était l’esclave il y avait son roi.
Ils étaient inséparables et ils partageaient tous les instants de leur vie.
Le roi avait rencontré cet esclave sur les marches de son palais:
[Le narrateur coupe par deux fois les jeux des « deux saltimbanques »
Et reprise de la fête : deux histoires (dans l’histoire) raconté par un « troisième saltimbanque »]
Première histoire :
Un jour on demande au Calife de Bagdad :
de tes sujets lequel préfères-tu ?
le plus petit... jusqu’à ce qu’il grandisse,
celui qui est loin... jusqu’à ce qu’il revienne,
celui qui est malade... jusqu’à ce qu’il guérisse,
celui qui est prisonnier... jusqu’à ce qu’il soit libéré,
celui qui est éprouvé... jusqu’à ce qu’il soit consolé,
celui qui est différent ... jusqu’à ce qu’il soit égal à lui-même.
Deuxième histoire :
En un temps lointain
un maître ZEN avait la capacité de voir même dans l’obscurité.
Une nuit se promenant avec une lanterne allumée
un de ses disciples l’aborde :
« -pourquoi cette lanterne allumée maître ? Tu sais voir dans l’obscurité ,
« - pour que les autres ne me heurtent pas . ».
Ainsi,
troublé par son allure,
le timbre de sa voix,
la sagesse de ses paroles,
il fit de cet esclave son conseillé et son frère de coeur.
Or, l’entourage du souverain, courtisans et ministres s’émurent.
Que cet esclave leur soit préféré les scandalisa.
Le premier ministre prépara un complot pour exclure l’esclave.
Il demanda audience au roi.
-Majesté, pour ta sécurité nous surveillons tes plus proches collaborateurs,
et il se trouve que ton fidèle esclave, ami, conseillé,
se retire chaque soir dans une salle secrète.
Il s’enferme dans cette petite pièce, ferme la porte à clef et prépare quelque coup d’état.
Majesté attends-toi à un sacré coup d’éclat !!
Trouvant ces soupçons absurdes,
le roi rappela au premier ministre son travail d’état,
et le souverain fit venir à lui son fidèle ami.
“ Que me caches-tu ?”
“ Rien, rien qui puisse te froisser.”
“ Alors que caches-tu dans cette pièce secrète où tu vas chaque soir.”
Ne pouvant agir autrement, baissant la tête,
l’esclave amena le roi et le premier ministre
et quelques courtisans devant sa pièce secrète.
Il tenait serré dans sa main la clef de la porte.
Tremblant, la clef glissa et tomba sur le sol.
Le premier ministre se précipita,
prit la clef et ouvrit la porte .
Le roi découvrit alors dans une pièce froide et humble
un bâton, un manteau rapiécé et une vieille gamelle.
“ Voilà, - dit l’esclave -,
dans cette chambre je viens tous les jours
pour ne pas oublier qui je suis:
un esclave, un pèlerin perpétuel, un errant de par le monde.
Ici commence mon royaume, respecte-le et respecte ma différence.”
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